Prélèvement

Par Philippe Colinet 

Prélèvement ou déterrage en nature

Yamadori ; c’est le nom japonais pour prélèvement d’arbre en nature.

C’est la méthode la moins coûteuse pour trouver de beaux spécimens ayant du caractère (parfois tout fait par la nature). La nature crée des formes naturelles que l’on ne peut reproduire.

On peut trouver aussi des yamadori en pépinière spécialisée mais ils sont souvent très chers.

On peut en découvrir prés de chez soi, chez les voisins, dans les vieux jardins abandonnés ou en cours de destruction, lors de nouvelles constructions, sur le bord des routes, dans les fossés, le long des lignes de chemin de fer et enfin à la montagne.

Sachez qu’il est important de toujours prélever avec une autorisation.

Époque de prélèvement:

  • Automne dès la chute complète des feuilles

  • En hiver s’il ne gèle pas

  • Début du printemps avant le débourrement

  • Éventuellement en août (Conifères)

Outils

Une pioche, une pelle bêche, un sécateur à deux mains (grosses racines), une scie pliante, bottes, gants, quelques sacs plastiques et ou de solides toiles, un vaporisateur

Que prélever ?

Nous chercherons des arbres de préférence à petites feuilles ( pas de platanes …), feuillus ou conifères, caducs ou persistants.

Les feuillus de notre région:

  • Charmes, Hêtres, Érables, la reprise est assez facile.

  • Chênes : difficiles, à cause de son long pivot, on peut en prélever plus facilement dans des terrains qui ont une couche d’humus de quelques dizaines de centimètres au-dessus de la glaise.

Les conifères :

  • Pin sylvestre, genévrier commun

Ils sont plus difficiles à redémarrer, à prélever (les radicelles sont éloignées du tronc et beaucoup sont cassées lors du prélèvement). Ils peuvent rester verts plusieurs mois après le prélèvement sans que la reprise soit assurée. C’est seulement après l’été que nous pourrons être sûr que l’arbre est repris.

L’idéal pour assurer la reprise est de trouver des arbres dont les racines n’ont pu s’étendre et sont restées dans une sorte de niche.

A éviter les troncs trop droits, les faux double-troncs (branche ne partant pas vraiment du nébari), les arbres dont les racines sont trop loin du collet.

Réfléchir au devenir de l’arbre, savoir quoi en faire (style, bois mort…) et pourquoi je le déterre ; si hésitation, le laisser.

Critères de recherche

  • un arbre pas trop grand

  • un beau tronc avec de la conicité et du mouvement ; ne pas prendre trop petit (diamètre mini 4 cm)

  • un jeu de racines réparties en étoile, pour un beau nébari et moins de pivot possible

  • branches, basses et nombreuses, pas trop grosses, aiguilles (conifères) ou bourgeons proches du tronc

  • une belle écorce

  • de l’émotion à la vue

et surtout évaluer la possibilité de le déterrer sans le condamner.

Avant le prélèvement :

Nettoyer le terrain autour de l’arbre

Tout d’abord, couper les branches inutiles trop grosses ou laides. Rabattre toute la végétation si trop importante. Attacher les branches si nécessaire entre elles pour faciliter le prélèvement.

Pour certaines espèces de feuillus très vigoureuses, on pourrait ne laisser qu’une seule branche ou que le tronc, dans le cas où celui-ci est très intéressant, mais il faut toujours mieux laisser un tire-sève .

Pour les conifères, il faut garder des bourgeons forts aux extrémités des branches restantes car ce sont eux qui font démarrer le mouvement de sève au printemps.

Dans le cas d’un prélèvement difficile, absence de petites racines à la base du tronc, on peut laisser l’arbre en place, faire un cernage et revenir une saison plus tard pour l’extraire.

Déterrage 

Faire un cernage, c’est à dire enfoncer l’outil tout autour de l’arbre pour localiser les grosses racines, puis avec la pioche faire une petite tranchée en cercle autour du végétal et couper les racines importantes.

Ensuite piocher sous le végétal pour trancher les racines plongeantes. Essayez de soulever cette motte pour la sortir du trou, bien protéger les coupes en les enveloppant ou en les mastiquant pour éviter la perte de sève. Envelopper immédiatement ce bloc dans une toile ou un sac, bien serré.

Une fois terminé, bien reboucher le trou pour ne pas laisser de traces de son passage.

De retour chez soi, mettre les racines à nue, retailler si besoin les mauvaises coupes ou racines déchirées, et garder le plus de petites. Mettre en pot de suite, (ou en nourrice dans du sable ou de la terre).

Pour permettre au conifère de bien reprendre et de développer du mycélium, prélever sous un grand pin un peu de substrat contenant ce champignon nécessaire au bon développement de l’arbre et l’ajouter lors du rempotage.

Trouver un pot assez grand pour que les racines soient à l’aise ou fabriquer une caisse adaptée au volume des racines. Prévoir un bon drainage dans le fond, un petit grillage sur les trous de drainage et un fil de ligature (2 à 4 mm) pour ancrer l’arbre. Préparer un mélange grossier et drainant (sable grossier, écorces de pin, un peu de terreau pour apporter de l’humus, et un substrat genre pumice , pouzzoulane, chabazite …). La granulométrie de tous ces éléments doit être importante pour que le mélange soit bien drainant et bien aéré (3-4 mm); Cela est nécessaire au développement de nouvelles racines. Ne pas mettre d’engrais, mais des hormones ou des mélanges à base d’acide phosphorique qui favorisent le développement des nouvelles racines (genre agrosil ..)

Surveiller l’arrosage (pas trop, pour éviter la pourriture) et mettre l’arbre à l’abri des vents et du gel. Vaporiser le feuillage de temps en temps pour hydrater le temps que les nouvelles racines prennent le relais Laisser l’arbre sans intervention pendant une ou deux saisons de végétation. Attendre qu’il fasse vraiment des nouvelles pousses vigoureuses avant la mise en forme. 

Chez les pépiniéristes, on peut trouver aussi des arbres élevés en pleine terre, vendus en racines nues lors des journées portes ouvertes à l’automne ou aussi des arbres en pot plastique (if, junipérus, cotonéaster, …). Les critères de choix sont les mêmes que pour les prélèvements. Attention aux arbres élevés en pot et insuffisamment rempotés : souvent les racines forment un chignon et on ne pourra jamais les réorganiser pour mettre l’arbre dans un pot à bonsaï.

 

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