Arrosage

Par Christèle.

L’arrosage.

 

C’est un point important à maîtriser : ni trop, ni trop peu !

 L’arrosage est en effet plus difficile à maîtriser qu’il n’y paraît car il n’y a pas de règle précise qui définisse sa fréquence.

 C’est en observant le substrat et notre arbre que nous pourrons juger de la nécessité d’arroser ou pas.

 Les objectifs de l’arrosage:

 - permettre à l’arbre de s’hydrater: en évitant le dessèchement du substrat entraînant celui des racines et donc sa mort (= meurt de « soif »).

 - permettre à l’arbre de s’alimenter: en assimilant les minéraux (engrais) nécessaires à son développement.

 Quand arroser?

Moment de la journée:

- De préférence, le matin (par temps froid) ou le soir (par temps chaud).

- Eviter l’après-midi en été où le soleil est le plus fort.

La fréquence d’arrosage :

Elle dépend de nombreux facteurs :

 - De l’essence de l’arbre :

  chaque essence d’arbre a des besoins particuliers en eau.

● espèces très avides d’eau : Saule ; Cyprès chauve…maintenir le sol mouillé en permanence.

 Annexe 1.

fichier pdf Annexe 1 Espèces d’arbres 1 

 ● espèces avide d’eau : Charme ; épicéa ; rhododendron ; pommier ; Serissa…arroser dès que la surface du sol commence à sécher.

Erable du Japon (surtout au Printemps) ; Sageretia… : très sensible au manque d’eau.

 Annexe 2.

fichier pdf Annexe 2 Espèces d’arbres 2

Annexe 3.

fichier pdf Annexe 3 Espèces d’arbres 3

 ● espèces craignant l’excès d’eau : Ficus, Orme de Chine ; Hêtre ; Genévrier de Chine ; Erable indigène…arroser quand la surface du sol est complètement sèche, l’intérieur de la motte restant légèrement humide.

 Annexe 4.

 fichier pdfAnnexe 4 Espèces d’arbres 4

 ● espèces des sols secs : Pins ; Genévriers ; Crassula…apprécient un séchage de la motte

entre deux arrosages.

 Annexe 5.

fichier pdfAnnexe 5 Espèces d’arbres 5 

 

 La nature du substrat. cf. expérience sur les granulométries/écoulement eau.

 ● Drainant ou pas drainant : un mélange à grosse granulométrie sera plus drainant qu’un mélange à fine granulométrie.

Utiliser un substrat drainant et assurant une rétention d’eau suffisante entre deux arrosages.

Quelques exemples de substrat:

- le sable et le gravier ne retiennent pas l’eau.

- la pouzzolane retient l’eau dans ses alvéoles naturelles (= micropores).

- l’argile retient l’eau.

  L’activité de l’arbre :

● Hiver : repos végétatif.

● Printemps : activité intense.

● Automne : activité réduite.

 

 L’emplacement de l’arbre :

 ● Le lieu d’exposition joue sur la fréquence d’arrosage :

- mi ombre ; soleil ; plein soleil ; exposé au vent ; hydrométrie ambiante.

 

● Les courants d’air sont un facteur aggravant dans la déshydratation des arbres.

L’hiver, porter une attention particulière aux persistant

 La nature du pot :

 

● la texture du pot :

- un pot vernissé = non poreux = retient l’eau

═> ne laisse pas passer l’eau par capillarité au travers de ses parois.

- un pot en terre non vernissé = poreux = laisse passer l’eau par capillarité.

 

● la forme du pot :

- un pot haut (type cascade) ne retient pas l’eau.

- un pot plat retient l’eau.

═> C’est la pression exercée sur la colonne d’eau qui explique cela.

 

● la teinte du pot :

- un pot de teinte foncée chauffe au soleil

- un pot de teinte claire chauffe moins au soleil.

L’évaporation est donc plus importante dans un pot de teinte foncée ce qui explique un arrosage plus fréquent.

 

● le lieu d’habitation :

- la région d’habitation du Bonsaï-ka influe aussi très fortement sur la fréquence d’arrosage (= différences de climat…).

 

● l’environnement :

L’environnement dans lequel les bonsaïs sont exposés influence la fréquence d’arrosage.

- environnement béton  = arrosage plus fréquent.

- environnement végétal = arrosage moins fréquent.

 

Généralement, il faut arroser lorsque la terre a un peu séché sauf pour certains conifères comme les pins qui doivent rester plus longtemps au sec.

La bonne fréquence d’arrosage s’obtiendra donc avec une bonne connaissance des besoins en eau de ses arbres et une bonne observation de ceux-ci.

 

L’eau d’arrosage :

 

- La température de l’eau :

 

Il faut que l’eau soit à température ambiante pour arroser.

Attention aux chocs thermiques :

 L’été,laissez couler l’eau du jet afin de ne pas ébouillanter l’arbre !

 Eviter absolument d’arroser un arbre en plein soleil avec de l’eau glacée.

 - L’eau du robinet :

 Sa qualité est très variable selon les réseaux.

 Contient du chlore et autres produits utilisés pour son traitement.

═> laisser reposer 24h pour permettre leur évaporation.

 Peut-être très calcaire selon les communes (attention aux plantes acidophiles).

Si l’on ne dispose pas d’autre approvisionnement, il faudra apprendre à neutraliser cet excès en calcaire.

Comment ?

 En trempant pendant quelques heures un sac de toile rempli de tourbe dans sa réserve d’eau.

 En ajoutant quelques gouttes d’acide nitrique dans l’eau pour obtenir un PH entre 5 / 5,5.

 - L’eau de pluie :

 Elle est dépourvue de calcaire et de sels dissous.

Elle est chargée en oxygène : un arrosage abondant régénère l’air du substrat.

Mais elle peut contenir des polluants atmosphériques qui l’acidifient :

 Ne pas utiliser l’eau issue des premières pluies car elle lave les toits de la pollution qui s’y est déposée où lors de longues périodes sèches (= pluie acide).

 La rejeter si Ph < 5.

- L’acidité de l’eau d’arrosage :

Le Ph mesure le degré d’acidité où d’alcalinité d’un milieu.

A chaque plante est associé un Ph pour lequel elle a une croissance et un développement maximum.

Le Ph optimal de l’eau d’arrosage pour la majorité des plantes se situe vers 5,8.

Acidité Neutre Alcalinité

(Sols granitiques) (Sols argileux) (Sols calcaires)

PH 0 ——————4,55-5,4——-6 PH 7 —————————– PH 14

Plante acidophile

 - La pureté de l’eau :

L’eau pure entre plus facilement dans les racines que de l’eau chargée en minéraux.

 Au dessus de 5% de sels minéraux, les racines n’arrivent plus à pomper l’eau (= phénomène d’osmose inversée).

 Petit rappel :

Le phénomène d’osmose = l’eau passe toujours du milieu le moins concentré (milieu aqueux

du substrat) vers le milieu le plus concentré (vers les racines).

 Phénomène d’osmose inversé = l’eau sort des racines par le sol ═> l’arbre meurt de soif

- L’eau, un vecteur d’apports pour le substrat :

 Elle véhicule les minéraux nécessaires à la nourriture de l’arbre.

 Elle véhicule des éléments qui permettent de neutraliser un substrat.

Exemple : cendres diluées pour neutraliser un substrat fertilisé en fin de saison.

 Annexe 6.

 fichier pdf Annexe 6 quelle eau pour nos arbres.

 

Comment arroser ?

 L’arrosage doit être doux « comme une douce pluie de Printemps » et ne pas lessiver la surface du sol

═> le substrat n’est pas bousculé et l’eau s’infiltre mieux.

 Il faut humidifier toute la motte jusqu’à ce que l’eau coule par les trous de drainage.

═> dans les 4/5 secondes qui suivent le début de l’arrosage, on doit voir sortir l’eau par les trous de drainage.

Si ce n’est pas le cas, cela indique que le substrat est trop compact.

De façon générale, arroser une première fois, puis une seconde fois quelques minutes plus tard. La motte doit finir complètement humide pour que l’arbre soit bien arrosé.

 

Le matériel :pour pouvoir arroser en pluie fine, le mieux est d’utiliser un arrosoir à longue tige et pomme fine (beaucoup de petits trous). 

Le Bassinage: ne veut pas dire tremper le pot dans une bassine mais pulvériser le feuillage de l’arbre ═> car la plante absorbe aussi de l’eau par le feuillage.

  Il est un complément à l’arrosage par le sol pour la nutrition de l’arbre (engrais foliaire).

  Il permet d’hydrater et de nourrir l’arbre quand il ne peut plus le faire par les racines (suite

à un rempotage).

  Le bassinage a pour effet d’ouvrir les stomates.

 En ambiance très sèche, la plante ferme ses stomates pour lutter contre l’évaporation, de ce fait sa croissance s’en trouve aussi limitée (= échanges avec l’atmosphère réduits).

Attention, dans un appartement chauffé, le bassinage de l’arbre a pour effet d’augmenter ses échanges avec l’atmosphère et peut donc se déshydrater.

 En fin de soirée, le bassinage peut favoriser la germination des spores de champignons

pathogènes (gouttes d’eau restent toute la nuit sur les feuilles).

 Les feuilles, les fleurs :

 Ne pas arroser les fleurs (abime celles-ci ; choc thermique).

 Arroser le feuillage en plein soleil : il n’y a pas de risque de brûlure des feuilles mouillées

(pas d’effet de loupe).

 Arroser le dessous des feuilles car c’est là qu’il y a le plus de stomates.

 Substrat et rétention :

 Ne pas se fier aux apparences : une terre paraissant humide peut être inutilisable pour l’arbre.

 Expérience de l’éponge :

 - mouiller une éponge et l’essorer.

 - Qu’observe-t-on ?

Il reste de l’eau mais il est impossible de la faire sortir.

L’eau est liée à l’éponge quelle que soit la pression exercée = l’eau restante est liée à l’élément solide.

 - c’est la même chose pour le substrat.

 

Problèmes d’arrosage :

 L’arrosage en excès :

 Se traduit par une mort plus où moins brève de l’arbre :

- provoque un manque d’oxygène au niveau des racines ═> pourrissement des racines ; 

- les champignons pathogènes s’introduisent dans la plante.

 - Attention aux Printemps pluvieux qui provoque un allongement des branches et un grossissement des feuilles ═> abriter les arbres de la pluie.

 Le manque d’arrosage :

 - cela commence par le flétrissement du feuillage ;

- puis la chute des feuilles ;

- l’arbre sèche en commençant par les branches les plus fines.

- Arrosage d’un arbre qui a souffert de la soif :

 Dans un premier temps, ne pas arroser trop fort un arbre qui a souffert de dessèchement car l’eau peut faire éclater les cellules (poils absorbants) en manque d’eau.

  Si un bonsaï ne bourgeonne pas au printemps, c’est souvent dû au manque d’arrosage en hiver ═> mettre l’arbre dans un endroit chaud pour qu’il bourgeonne.

 Impact de la température et des conditions climatiques sur l’arbre:

 - Arroser un arbre avec de l’eau froide en période chaude :

 Choc thermique ;

 Stoppe la croissance des racines.

 - Attention aux persistants l’hiver (pins ; buis ; ifs…) :

 La vitesse d’évaporation par le vent est plus rapide que la vitesse d’absorption des racines.

 Un arbre dans un mélange détrempé peut donc se déshydrater

═> compenser en pulvérisant.

 Impact de la fréquence d’arrosage sur l’arbre :

 - Si je réduits la fréquence d’arrosage :

 Favorise la formation de bourgeons floraux.

 Au printemps, permet l’obtention d’entre nœuds courts et de feuilles réduites.

 - Si j’augmente la fréquence d’arrosage :

 Permet aux fruits de rester sur l’arbre (il leur faut beaucoup d’eau).

 Au printemps provoque une croissance anarchique (entre nœuds plus longs = allongement des branches; grossissement des feuilles).

 Veiller à la composition de son substrat (granulométrie adéquate) pour éviter le pourrissement des racines.

Allons plus loin sur le sujet !

Substrat et relation avec l’eau d’arrosage :

Granulométrie ; rétention d’eau ; aération == 3 propriétés physiques intimement liées entre elles.

Un pot plein de substrat est constitué après arrosage complet de :

- 1) une partie solide = le substrat.

 Il permet aux racines de se fixer.

 Il intervient dans les échanges avec les nutriments.

 - 2) une partie non solideporeuse = un pore est un vide, un creux.

Tout pore contenu dans le substrat est rempli par quelque chose, soit de l’eau soit de l’air :

  Une porosité occupée par l’eau : la racine se nourrit essentiellement de la partie aqueuse, là où se trouvent les sels dissous dont elle a besoin pour se développer.

 Une porosité occupée par l’air : c’est là que les racines trouvent l’oxygène nécessaire à leur développement.

Une racine a besoin d’oxygène pour respirer.

 - On distingue des macropores et des micropores :

 Les macropores = vides entreles granulats.

 Les micropores = vides dansles granulats.

 Annexe 7.

 fichier pdf L’arrosage et notions de porosités.       

  Granulométrie et dureté :

 Granulométrie et dureté == une autre propriété physique non négligeable.

 On entend par dureté la résistance de la partie solide du substrat à la dégradation ; dégradation provoquée entre autre par nos nombreux arrosages.

 Cette caractéristique est vitale pour l’arbre.

 D’où la nécessité d’utiliser des matériaux difficilement dégradables et donc appropriés à la culture du bonsaï comme par exemple :

 - terres argileuses d’origine volcanique (en provenance du Japon) légèrement recuite au four:

 Akadama ;

 Kanuma ;

 Lutite.

- roches d’origine volcanique :

 Pouzzolane ; Perlite ; Vermiculite ;

 Pumice (= pierre ponce);

 Kiryu (= sable de rivière d’origine volcanique) ;

 - Les zéolites (= des minéraux) :

 Chabazite.

  

Petit rappel :

 Grosse granulométrie = basse rétention d’eau / importante capacité d’aération.

 Au fur et à mesure que le matériau se dégrade (= le matériau se délite), il se forme des particules plus petites qui augmentent les micropores au détriment des macropores (= le substrat devient de moins en moins drainant).

Fine granulométrie = augmentation de la rétention d’eau / diminution de la rétention d’air.

Risque d’un manque d’oxygène pour les racines.

 

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